Le cri de colère d'Isabelle Maurer dans l'émission politique de France 2 " Des paroles et des Actes".
" Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi " alinéa 6, préambule de la Constitution de 1946.
Monsieur Jean-François Copé, invité de l'émission politique de France 2 " Des paroles et des actes ", est prêt à se battre pour ce devoir et ce droit. Il est prêt à changer radicalement notre modèle pour y parvenir. " Il est temps", dit-il, " de changer de politique".
Mais qu'entend-il par changer de politique? " Suivons l'exemple de l' Allemagne " qui, entre 2004 et 2012, a créé 2,4 millions d'emplois. " Ayons le souci de la compétitivité et revoyons notre système social".
Je vous invite à télécharger les 35 mesures de la convention sur le travail sur le site: www.etats-generaux-ump.fr . Vous y trouverez toutes les mesures que souhaitent prendre Monsieur Copé pour lutter contre le chômage et remettre au centre la valeur travail dans notre pays.
Alors que Jean-François Copé venait de déclarer sur France 2 vouloir "assouplir les conditions d'embauche et de licenciement" et en finir avec "l'assistanat", Isabelle Maurer, mère de trois enfants, actuellement à la recherche d'un emploi, lui a reproché de vouloir baisser les allocations chômage. "On survit avec le peu qu'on ose nous donner. Bientôt on ne pourra plus se payer un morceau de savon pour se laver et il faut encore que je dise merci !" s'est-elle emportée. Isabelle Maurer a évoqué ses fins de mois difficiles, les petits boulots, la peur de l'avenir pour elle et pour ses enfants.
Ce cri de colère d'Isabelle a été entendu par plus de 2,2 millions de téléspectateurs et a été largement commenté sur les réseaux sociaux. Nous l'avons, nous aussi, entendu et nous entendons tous vos cris de colère sur vos commentaires.
C'est pourquoi nous invitons Monsieur Copé à répondre à ces quelques interrogations.
Monsieur Copé, votre proposition 14 porte sur la création de l' Agence pour le travail. Pensez-vous qu'une nouvelle fusion des services publics de l'emploi, Pôle emploi, Missions locales, Cap emploi, APEC, avec les mêmes missions que précédemment, puisse changer les mentalités et le regard porté sur les " chômeurs ". La perte d'emploi, après plusieurs années d'activités, est un préjudice, un drame humain. L'absence de premier emploi après de nombreuses années d'études est une injustice. " Il faut changer cette vision du chômage " dites-vous! Alors commençons par ne plus parler de " chômeurs " mais de " demandeurs d'emploi ". Dans les statistiques fournis par ces services, n'opposons plus les jeunes et les séniors, les demandeurs d'un premier emploi et les demandeurs de longue durée.
Vous parlez " d'indemnisation passive du chômage " rappelons quand même, que les cotisations sociales correspondent à une part socialisée du salaire, c'est-à-dire collectée par des organismes appelés caisses afin d'être redistribuée. Les cotisants bénéficient en contrepartie d’une couverture partielle ou totale de frais divers, engendrés par l'un des grands « risques » qu'est le chômage. Ce système repose sur un principe de solidarité : une partie des salariés payent plus qu’ils ne reçoivent ou qu’ils ne recevront, par exemple s’ils ne connaissent aucune période de chômage.
Dans vos propositions 15 et 16, vous souhaitez augmenter le taux d'encadrement et la qualité du suivi des demandeurs d'emploi et promouvoir la délégation de service public en matière d'accompagnement. Je remarque que, malgré la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC en décembre 2008, Pôle Emploi ne consacre qu'un tiers de ses effectifs à l'accompagnement et au placement des demandeurs d'emploi. Que font les autres, puisqu'aux dires même des personnels de Pôle emploi, les offres d'emploi gérées par eux ne représentent que la partie émergée d'un iceberg ? Je constate, non sans une certaine satisfaction, que vous souhaitez améliorer la qualité du suivi des demandeurs d'emploi et même, que vous accorderez le droit pour un chercheur d'emploi d'être accompagné par une société privée spécialisée dans le domaine , des professionnels en quelques sortes.
Votre proposition 17 porte sur le régime d'indemnisation du chômage. Monsieur Copé, vous parlez de " lien entre le niveau de l'indemnisation chômage et l'effort de formation". Pouvez-vous nous précisez ces niveaux? " l'indemnisation doit être dégressive, pour encourager le retour à l'emploi ". Quels sont les taux d'indemnisation pendant les six premiers mois? La dégressivité, après 6 mois, sera-t-elle mensuelle? La période totale d'indemnisation sera de combien? Cette mesure dépendra de l'âge, la rémunération et le niveau de formation du demandeur d'emploi. Quel est ce barème? Quel est ce dispositif d'accompagnement " d'élite " pour les personnes en fin de droit? Pensez-vous qu'il sera plus efficace que le reste de l'accompagnement? Alors pourquoi ne pas le mettre en place tout de suite sans attendre la fin des droits? Je suis d'accord pour la radiation automatique en cas de refus consécutifs de deux offres d'emplois valables. Mais qu'entendez-vous par valable? Enfin, comment peut-on prétendre financer une augmentation des moyens de cette Agence pour le travail par l'instauration de la dégressivité de l'allocation chômage? Est-ce-là le changement de vision et la profonde réforme?
Mais ce n'est pas tout! Dans votre proposition 18, vous conditionnez une partie des indemnités pour préjudice moral à la suite d'un licenciement pour financer une formation dite " qualifiante " de reconversion des salariés. Que faites-vous des 31 milliards d'euros par an destinés à la formation et perçus auprès des entreprises par le 1%? De plus, cette partie des indemnités pourra être supprimée si la recherche d'emploi n'est pas effective?
" Faire le choix de l'insertion par le travail plutôt que par l'assistanat ". L'Etat subventionne les entreprises d'insertion, qui, pendant deux ans maximum, permettent aux " chômeurs de longue durée ", aux jeunes sans qualification et aux bénéficiaires de minima sociaux, de reprendre pied dans le monde du travail par une activité salariée. L'objectif est que ces salariés puissent réintégrer durablement le marché du travail. Je vous invite, Monsieur Copé, à visiter ce genre d'entreprises et à venir nous expliquer comment ce " chômeur de longue durée, ce jeune sans qualification et ce bénéficiaire de minima sociaux " peuvent retrouver une place honorable dans notre société. Pour vous, le travail est un devoir! Pour nous, c'est un droit!
Dans votre proposition 20, vous dites: " celui qui travaille doit toujours gagner plus que celui qui ne travaille pas ". Pour ce faire, vous limitez le montant total des aides à 75% du Smic. Monsieur Copé, j'espère qu'à la suite de l'interpellation d'Isabelle sur le plateau de télévision, vous avez changé d'avis. Monsieur Copé, Député de la 6ème circonscription de Seine et Marne, Maire de la ville de Meaux, Président de la communauté d'agglomérations du Pays de Meaux, nous émettons effectivement de sérieux doutes pour ce qui est de la compréhension d'une personne qui vie avec 75% du SMIC, voir beaucoup moins.
Proposition 21, suppression de la prime pour l'emploi et du RSA pour augmenter le RSA activité.
En conclusion Monsieur Copé, nous nous posons encore beaucoup de questions. Bien que le terme "Séniors" peut irriter, surtout quand on y est classé de plus en plus jeune, que pensez-vous faire, Monsieur Copé, pour empêcher cette discrimination à l'âge dans le recrutement de personnels? Que répondez-vous à Nathalie Michaud qui a interpellé Monsieur François Hollande sur le sujet? Comment allez-vous obliger les entreprises à recruter sans a priori? Monsieur Copé, "les mendiants de l'emploi" attendent les réponses à leurs questions.
Patrice
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